jeudi 10 septembre 2009

Episode 0 : Stade terminal.


Bon, ben voilà. Je me doutais que ça arriverait un jour ou l'autre, et même assez vite, sachant que mon contrat se terminait à la fin de cette saison et que seul un miracle - entendez par là un titre - aurait pu me permettre de prolonger l'aventure. Mais là, saluons Max Guazzini qui a réussi ce qu'aucun de nos ailiers n'avait réussi jusque là cette saison: prendre tout le monde de vitesse. J'avoue que je pensais pas qu'il oserait, ce con. C'est un peu comme Heymans en Nouvelle-Zélande, on se disait il est vieux, gâteux, à moitié dépressif et en plus sa teinture c'est de pire en pire, il peut pas arriver grand chose. Et boum. Voyons le point positif: avec mon golden parachute de Champion du Monde, j'ai de quoi me payer de bonnes vacances. Peut être aussi que je vais racheter le contrat de Mark Gasnier et l'engager comme majordome dans ma proprieté à Sidney, parce que bon, le rugby à XV c'est un peu mort pour lui maintenant. Quoique. Le Stade Français ressemble de plus en plus à son voisin d'en face, et il serait bien capable de tout péter en Super 14 l'année prochaine juste pour faire chier. Qui sait.

Je reste quand même sur un goût d'inachevé, un peu comme quand Leguizamon perce sur 60 mètres avant d'enterrer le ballon au pied des poteaux et de se faire pénaliser. En 5 matchs, dont 3 à l'extérieur à Anoeta, Mayol et Aguilera où tout le monde n'ira probablement pas gagner, c'était peut être quand même un peu précipité comme décision. Bon j'avoue, pour Montauban on a déconné. Mais bon, les arrières manchots et la défense porte de saloon, sur le papier c'était quand même Dominici qui en était responsable. Mais j'imagine que se séparer uniquement de Christophe aurait été un trop grand affront fait au fils préféré. Moi, ça va, on peut me rabaisser, dire que de toute façon, j'étais pas le premier choix. Ca tombe bien, Dominici non plus c'était pas mon premier choix comme adjoint. Le polo rose fluo non plus, c'était pas mon premier choix le matin quand je m'habillais... voilà un autre bon point: au moins je serais débarrassé du dress code. Mais je dois avouer que je suis quand même un peu sceptique sur le choix de nos successeurs. Appeler les coachs qui ont fait vivre à Biarritz et Agen les pages les plus difficiles de leur histoire récente à la rescousse du Stade Français, c'est un peu comme si Bouscatel décidait de remédier aux soucis offensifs du Stade Toulousain en engageant Bernard Laporte et Nick Mallett. Ou pour paraphraser Max, c'est un peu comme essayer d'ouvrir une porte en or avec une clef rouillée, qu'on a même déjà cassée en la forçant dans une autre serrure Mais reconnaissons à Delmas qu'une équipe dont les maux sont l'inefficacité offensive, le jeu à plat indigent, le manque de confiance, la maladresse, l'abus de jeu au pied... ben il connait. Bon, ça ne veut pas dire non plus que la dernière fois il avait trouvé de solutions. Mais il a eu le temps de se reposer depuis, peut être qu'avec le recul il aura réalisé deux trois trucs. Mais hey, en fait, maintenant je m'en fous non ?

Enfin pas tout à fait. Le rugby, c'est avant tout une aventure humaine. Enfin au Stade Français ça ressemble plus à une partouze sous acide, mais toujours est-il que j'ai eu le temps de m'attacher à certaines personnes, à certains joueurs, certains membres du staff. Je suis même responsable de la venue de certains et je me sentais obligé de dire au revoir aux joueurs lors de ma dernière séance du matin. A la fin de celle-ci, j'ai réuni tout le monde au centre du terrain, en prenant bien soin d'écarter Dominici en lui disant que j'avais vu Bernard Laporte tenir un stand de vente de barquettes de jambon devant les grilles de Jean Bouin.

- Les mecs, c'est le dernier entraînement que je dirige. Je pars. Max l'a décidé.

Là, j'ai quand même été surpris de voir qu'il y avait encore une partie non négligeable des joueurs qui ne savaient pas qui j'étais. D'autres par contre, ont étés particulièrement touchés. Je pense à Mark Gasnier évidemment, en pleurs et à qui j'ai laissé son doudou, une peluche en forme de kangourou. Mais aussi James Haskell, qui m'a dit "Si j'avais su qu'ici on changeait les entraîneurs au bout de 5 matchs, je serai allé avec mes compatriotes à Brive". Ca a eu le mérite de faire rire tout le monde et certains en avaient bien besoin. Ignacio Mieres par exemple était inquiet comme tout, il se demandait si les prochains entraîneurs allaient croire qu'il était un joueur de rugby. Je lui ai dis "t'en fais pas gamin, si tout le monde ici est persuadé que Liebenberg est un joueur de rugby, pour toi ça peut encore marcher un bon moment aussi". Une autre de mes recrues par contre, Ollie Phillips, n'était pas du tout affecté, lui. Malgré les résultats, il vivait son séjour parisien comme la plus belle période de sa vie. Des fois quand même, il fayotait un peu, par exemple quand il a commandé 14 exemplaires du calendrier des Dieux du Stade... mais bon, au moins ça veut dire qu'il y en a qui se sentent bien ici, c'est bon à savoir. J'ai aussi salué Benjamin Delmoral, tout en chaînes en or, qui m'a confié qu'il était presque aussi triste que le jour de la mort de Tupac. Perso, je suis même pas sur qu'il savait qui c'était y'a 3 semaines, mais je l'ai laissé dans son trip. Puis enfin Matthieu Blin, mon relais dans l'équipe, qui m'a dit que tout foutait le camp au Stade Français que c'était comme au Parti Socialiste... il était parti sur sa lancée, mais heureusement Roncero lui a filé un discret coup de pied en plein tibia, ça l'a calmé. Du coup, je savais pas trop s'il avait les larmes aux yeux à cause de la douleur ou de la tristesse de le voir partir, mais dans le doute, je l'ai pris dans mes bras. Puis je suis parti en leur souhaitant à tous bonne chance pour le reste de la saison, la conférence de presse du grand Max allait pas tarder à commencer, et les nouveaux coachs dirigeaient leur premier entraînement dans la foulée. Une page se tournait.

Et depuis, me voici de retour dans mon Australie natale. Vous vous demandez qu'est-ce que je vais foutre là bas ? Je sais pas, des trucs d'australiens classiques, faire du surf, chasser des crocodiles, faire du surf, courir après les kangourous, etc. Je m'en fais pas trop pour l'avenir, j'ai déjà quelques contacts dans le Super 14. Mais l'avenir de ce blog, je ne vais pas vous mentir, est lui en péril. Ben ouais, on va plus avoir grand chose à se raconter quand même. Je voudrais donc remercier tous ceux qui m'ont lu, et ceux qui m'ont répondus ici et là. Vos messages m'ont fait plaisir, rire, et m'ont même inspiré parfois. C'était chouette, vraiment. Pour finir, je ne vous cacherais pas non plus que je vais profiter de mon petit congé pour me plonger plus intensément dans une de mes passions, que j'ai pu approfondir en France : la gastronomie. Ca tombe bien, j'ai justement trouvé un site très intéressant et j'aimerais que vous alliez jeter un coup d'oeil :
http://boucherie-ovalie.jimdo.com/
Allez y faire un tour, vous verrez, vous serez en bonne compagnie.

Goodbye !

mardi 8 septembre 2009

Des nouvelles.

Depuis ce matin, je reçois plein de messages de soutien. Sachez que j'en suis très touché. Cet après midi, j'aurais rendez vous avec mon destin. Ne vous inquiétez pas, je serai courageux, je m'avancerai vers lui d'une course latérale inefficace, comme un dernier hommage à mon chouchou Mark Gasnier. Pour l'instant l'avenir de ce blog reste dans le flou, mais en tout cas vous pourrez patienter avec le blog d'Ignacio Mieres.

vendredi 4 septembre 2009

Episode 4 & 5: Good bye, Juan Martin !



Je vais commencer par mettre les choses au clair. Je sais que certains doutaient un peu de mes compétences pour entraîner le Stade Français. Parce que les australiens ça vous réussi pas, parce que je parle français encore plus mal que les argentins (enfin eux ils sont là depuis 5 ans, moi j'ai une excuse) parce que mon charisme attire la lumière autant que les dégagements de Djibril Camara attirent les bras de nos adversaires. Je sais aussi que depuis que j'ai pris en main les avants cette saison, certains ont cru remarquer que ça allait beaucoup mieux au niveau de la conquête, alors que derrière, Dominici ne s'en sort pas avec les arrières. Alors vous vous dites que ce qui cloche peut être depuis le début dans ce duo, c'est finalement, peut être, ce bon vieux Dominici.

Et je vous arrête tout de suite. Lui et moi, on est dans le même bateau. Jamais, je dis bien jamais, je ne me désolidarisai de Christophe.

Nan je déconne bien sur, quelle tâche ce mec. Je me doutais bien que c'était pas avec lui qu'on allait se mettre à jouer comme les Auckland Blues de Carlos Spencer, mais pour un mec élevé au Bernard Laporte, il pourrait au moins assurer le coup en défense. Bon ok, je suis un peu de mauvaise foi, c'est pas lui qui laisse tomber les ballons ou qui rate les plaquages, et moi même j'ai pas de quoi fanfaronner. Mais quand même, même au niveau de l'organisation c'est un peu louche. Des fois, le replacement défensif a des allures de chorégraphie de natation synchronisée. Que ce soit avec Boussès, Camara ou Beauxis, y'a jamais personne à l'arrière en fait. Du coup ça donne des situations ubuesques comme David Attoub qui essaye de rattraper Ngwenya, un peu comme si Laurel de Laurel & Hardy poursuivait Bip-Bip. De manière générale, on peut résumer en disant qu'on défend comme des pingouins paraplégiques et qu'on attaque comme des kamikazes parkinsoniens. Je crois qu'il a quand même compris que ça commençait à se voir tout ça, puisque à Aguilera il a préféré, pour la première fois depuis qu'il entraîne, rester dans l'ombre en tribunes. T'as raison Christophe, d'en haut les souris voient mieux les trous dans le fromage. Oui, maintenant que je commence à être à l'aise avec la langue, j'essaye d'inventer des expressions. N'hésitez pas à les populariser autour de vous.

Pourtant, Blin m'avait prévenu, le match contre le BO est le match qu'il ne faut surtout pas perdre. Plus important qu'une victoire à domicile contre Montauban selon lui. Perdre à Jean Bouin, c'est pas très grave, généralement le public dort donc il ne s'en rend pas compte, avec un peu de chance on peut même sortir sur un tour d'honneur et ils se rendent compte de rien. Ca m'étonne pas que la plupart de nos supporters pensent toujours qu'Ignacio Mieres existe d'ailleurs. Mais BO - SF, c'est selon Blin l'équivalent d'un OM - PSG de la fin des années 90: on a deux équipes à gros budget et ambitieuses mais qui sont pourtant incapables de se faire trois passes et qui font la risée de toute la France. Du coup, celui qui perd a vraiment l'air d'un con. En plus, nous, avec les maillots on avait déjà un gros handicap au départ... et ben voilà, c'est fait. Maintenant on pourra difficilement tomber plus bas, mais là Blin m'a rappelé que le Stade Français était une équipe imprévisible. J'ai eu un frisson d'angoisse.

Sauf que cette fois, le Stade Français ne s'en sortira pas par un tour de passe, comme lors de l'autogestion il y a quelques années. Parce que bon, pour s'autogérer, faudrait déjà avoir quelques têtes pensantes. Déjà, je crois qu'ils se sont pas rendus compte que quand on a une pénalité, on a plusieurs options de jeu. Eux à chaque fois ils tentent la pénalité, même quand il y a plus de 10 points de retard. De 70m, contre le vent, les yeux fermés, les mains dans le dos... bientôt on tentera même des drop sur les renvois au 22m. Remarquez avec la précision d'Oelschig, on s'en tire pas mal. Pour une équipe qui vise le bonus défensif à chaque match. Peut être que j'ai mal choisi mon capitaine. En même temps, j'ai beau chercher un grand stratège dans l'équipe, j'ai un peu de mal. Finalement, vu la situation désespérée, je devrais peut être la jouer mission suicide avec Leguizamon capitaine. Lui il joue toutes les pénalités à la main, il fonce dans le tas, perce sur 60m, oublie de passer aux 5 mecs qui lui crient dessus à gauche et à droite, se fait plaquer à 5m de l'enbut, garde la balle au sol et se fait pénaliser. Ok c'est pas terrible, mais à force de répéter la situation peut être qu'il va tilter et faire la passe un jour.


De toute façon, quand ça va mal, tout va mal. Contre Biarritz, Leguizamon a raté la première réception de chandelle de sa vie et Dupuy s'est fait contrer comme un vulgaire Mauro Bergamasco replacé en 9, contre Montauban la mêlée s'est fait bousculer et Gasnier est retombé dans ses travers en faisant ses petits croches inutiles toute la soirée. Faut dire qu'avec Delasau en face, il avait le champion du monde de la catégorie. Bon la différence c'est que Delasau lui marque 10 essais par saison, certes. Le pire c'est qu'on aurait pu le gagner ce match, il aurait suffit que Lionel Beauxis ne soit pas muet et qu'il rappelle à Phillips qu'il était hors-jeu sur la dernière action. En même temps, un match gagné par le Stade Français 42-40 avec Beauxis qui marque un doublé, c'est plus du rugby et c'est de la compétence des agents Mulder et Scully. Puis pour mieux nous narguer, Landreau est premier de ProD2 avec Grenoble, Paillaugue brille à Montpellier, Tchale Watchou s'en tire pas mal non plus à Perpignan. Si j'étais vraiment méchant, je rappelerais aussi qu'on était à deux doigts de refiler gratos à Bayonne celui qui sauve la barraque à lui seul depuis le début de la saison.

Tout ça, ça m'a presque fendu le coeur pour le grand retour d'Antoine Burban, alias Hibernatus. Après le match, il était presque en pleurs dans le vestiaire. "Putain ! On avait pas le droit de perdre à Jean Bouin. On y était invaincu depuis 4 ans !". Alors, on lui a expliqué ce qu'il a raté pendant sa longue absence. Choqué, il a répondu "Bon, au moins, il y a toujours notre bastion du Stade de France...". Ca a laissé un putain de silence dans le vesiaire. En fait Burban, sa situation est un peu celle du film Goodbye Lenine. Pendant qu'il était en convalescence, son monde s'est écroulé: on est passé de champions de France à réléguable, de maillots originaux à crimes contre le bon goût. Et pour la chute du Mur, l'équivalent serait le départ d'Hernandez. C'est vrai que comparé à l'argentin, en défense, Beauxis s'effrite facilement...

"Pour un Stade à la hauteur des exploits du Stade Français" disait le speaker avant le match, à ce train là un gymnase municipal à Bobigny fera l'affaire.

Episodes 2 & 3 : Inglourious Basterds


Alors comme ça, 3 de nos joueurs seraient touchés par la grippe A. Pour moi jusque là la grippe A c'était un peu comme Ignacio Mieres: on en faisait des tonnes sur lui, il était censé être très fort - ou très dangereux - puis finalement rien et on a fini par se demander s'il existait vraiment. Apparemment c'est bien réel, et on a du mettre en quarantaine Bastareaud, qui aura décidemment tout connu cette année, Arias et Vigouroux. Je suspecte quand même Vigouroux de faire semblant, comme pour me rappeler qu’il existe. Il peut toujours essayer. D’après Bastareaud, ce sont ces parasites de toulousains qui les ont contaminés pendant la tourné d’été. Si il recommence à haïr les mangeurs de cassoulet, ça veut au moins dire que psychologiquement ça va mieux.

Mais tout ça n’est rien à coté de la réelle épidémie qui touche le groupe. Je ne sais pas, peut être que cette année les Dieux du Stade avaient comme thème le Western, mais la défense façon porte de saloon c’était pas forcément nécessaire. On commence à peine à régler le problème de la conquête que voilà, y’en a un autre qui apparait. Mais celui-ci, dans un club dont la culture a été marquée par des poètes comme Bernard Laporte ou Nick Mallett, il fait tâche. Fallait voir notre entraîneur de la défense des lignes arrières (un terme un poil plus réaliste que l‘officiel) après le match. On aurait dit un Shaman possédé par l’esprit de Bernie le Dingue un soir de 60-0 contre les All Blacks. « Défense ! Défense ! Occupation ! Occupation ! » qu‘il criait. Enfin… comme à peu près tout le temps: à l‘entraînement, au décrassage, au milieu de la nuit quand il se réveille en sueur d‘un cauchemar où Beauxis rate un énième plaquage sur un pilier de Fédérale lancé à 2km vers la ligne d‘en-but. Bon honnêtement, en tant qu’australien et ancien entraîneurs des Waratahs, je suis sûrement pas non plus capable de lire un bouquin technico-tactique écrit par Pierre Villepreux et d‘y comprendre quoique ce soit, mais lui ça dépasse tout. Dire qu’il aura longtemps été le symbole du french flair et de l’audace française. Peut être qu’en fait tout ça était une arnaque, que le vrai génie de l’Equipe de France de la fin des 90’s c’était Philippe Bernat-Salles, mais comme il ressemblait à Perceval de la série Kamelott c’était sûrement moins vendeur que notre ami désormais mannequin pour matelas. Je sais pas en fait, peut être qu’un jour la vérité explosera.

Peut être aussi qu’un jour Beauxis explosera, mais plus ça va plus il ressemble à la caricature de l’ex espoir déchu. Au moins, on ne pourra plus lui reprocher de ne pas imposer sa marque sur le jeu parisien, puisque maintenant tous les trois quarts défendent comme lui. Mais il faut que je continue de croire en Yoyo malgré tout, car je sais que ma seule solution de repli s’appelle Brian Liebenberg, et je me suis promis de ne pas le remettre à l’ouverture avant décembre 2012, date de l’Apocalypse mondiale. Comme ça, on sera bien dans l’ambiance, je trouve. Puis il est pas si mauvais que ça Yoyo, c’est juste qu‘il est un poil désuet. Il aurait sûrement été excellent y‘a 20 ou 30 ans quand le poste était nettement moins exigeant, ou alors en Afrique du Sud, là où le 10 rentre sur le terrain juste pour taper les pénalités comme au foot américain. Malheureusement pour lui l’ouvreur des années 2000 dans le reste du monde doit buter, attaquer la ligne d‘avantage, défendre comme un 3ème ligne, être beau , charismatique et inspirant pour ses partenaires. Beauxis lui il fait juste les tirs aux buts et à part les groupies de Skrela et Hernandez qui se sont reportées sur lui par dépit, il fait pas rêver grand monde. Puis d’ailleurs pour les tirs aux buts, vu qu’il est essoufflé au bout de 20 minutes de jeu - car sa préparation physique elle aussi date de 30 ans - il perd en lucidité et doit céder son rôle à son demi de mêlée. En bref, il est surtout là parce que bon, on va quand même pas jouer à 14, déjà qu‘avec les racailles qu‘on se traine devant c‘est souvent le cas en cours de match. Un autre espoir qui ira loin c’est Djibril Camara. Comme Liebenberg, je m’étais promis de plus jamais le remettre en 15 après sa performance de grande classe contre les Harlequins l’année dernière au Stade de France. Mais comme pour Brian je me suis retrouvé dos au mur à cause de toutes ces blessures. Et voilà… pour un mec qui a un nom de footballeur la moindre des choses serait de réussir un dégagement. Loupé. C’est le cas de le dire. Mais lui aussi, je veux continuer à y croire, surtout que j’ai fini par me rendre compte que si je faisais jouer Boussès à son poste, ben en fait il était pas trop mal. Puis bientôt on aura Hugo Southwell. Lui aussi à sa manière, c’est un joueur de foot. Un gardien de but en fait: généralement il est à peu près fiable pour ce qui est d’attraper les ballons et de taper un grand coup dedans, mais faut pas lui demander plus. Mais ça lui fait quand même déjà deux atouts de plus qu’à Boussès et Camara…

Mais bon, je vais mettre mon pessimisme de coté pour une fois, y’a quand même quelques satisfactions sur ces derniers matchs. Déjà, notre résolution de la saison est en bonne voie: y’a plus de chandelles. Faut dire qu’on s’est donné les moyens. Delmoral nous a ramené des colliers à électrochocs d’Amérique, et à chaque fois qu’un joueur en tentait une à l’entraînement, il se prenait une châtaigne. Oui, si vous vous demandiez ça explique pourquoi Liebenberg est coiffé comme ça. Roncero, qui est de la vieille école, a proposé de laisser tomber les gadget technologiques et de se charger de mettre un pain au premier qui se laisse aller à ses pulsions. J‘apprécie le fait qu‘il prenne son rôle de capitaine au sérieux, mais Brian n‘avait pas besoin qu‘on abime encore plus son visage.

L’inconvénient dans tout ça c’est que certains se redécouvrent des mains, et ça prend du temps. A Toulouse, qui a connu une mauvaise passe sur le plan du jeu offensif, ça leur fait ça aussi en ce début de saison. Comme de grands accidentés qui réapprennent à marcher. Mais nous c’est encore autre chose, en fait, puisque nous n’avons jamais su marcher. Alors il va falloir être patients. Regardez au BO, ils ont entrepris une révolution similaire, et 3 ans après cela commence enfin à porter ses fruits ! Nan je déconne. D’ailleurs, j’ai intérêt à chasser cette idée de ma tête si je veux rester optimiste. Brrr.

Donc voilà, il y a de l’intention, de la volonté, mais on perd trop de ballons et on se prend des tas d’essais en contre. Contre Bayonne, ca nous aura été fatal, mais contre Montpellier on a bien redressé la barre, faut le saluer. Même Mark Gasnier s’est mis à faire des actions comme dans son best of d’essais au rugby à XIII sur Youtube, vidéo avec laquelle j'avais convaincu Max de le débaucher. (une expression particulièrement judicieuse vu les maillots qu'il porte désormais)
A force, j’avais fini par croire que c’était comme les américains sur la lune, un canular à gros budget avec plein d’effets spéciaux, mais en fait peut être qu’on va réussir à en faire quelque chose de ce mec. Puis c’est pas comme si j’avais le choix non plus, à part Messina j’ai pas d’autres joueurs capables de prendre une intervalle ou de faire une malheureuse passe après contact. Messina d’ailleurs, je me faisais la réfléxion l’autre jour que c’était le Parisse des lignes arrières, il est bon, il est mignon, il tape jamais personne sur le terrain, pire, il serait presque un peu élégant balle en main. Au Stade Français, ça fait clairement erreur de casting, je trouve. En fait, un thème qui conviendrait mieux aux Dieux du Stade cette année ce serait celui des films de guerre: 'Les 12 salopards" ferait un excellent sous-titre... un pour chaque mois.

Mais pour l'instant j’ai un autre film en tête puisque les « Tontons flingueurs » de Montauban débarquent à Jean Bouin mercredi...