
Je vais commencer par mettre les choses au clair. Je sais que certains doutaient un peu de mes compétences pour entraîner le Stade Français. Parce que les australiens ça vous réussi pas, parce que je parle français encore plus mal que les argentins (enfin eux ils sont là depuis 5 ans, moi j'ai une excuse) parce que mon charisme attire la lumière autant que les dégagements de Djibril Camara attirent les bras de nos adversaires. Je sais aussi que depuis que j'ai pris en main les avants cette saison, certains ont cru remarquer que ça allait beaucoup mieux au niveau de la conquête, alors que derrière, Dominici ne s'en sort pas avec les arrières. Alors vous vous dites que ce qui cloche peut être depuis le début dans ce duo, c'est finalement, peut être, ce bon vieux Dominici.
Et je vous arrête tout de suite. Lui et moi, on est dans le même bateau. Jamais, je dis bien jamais, je ne me désolidarisai de Christophe.
Nan je déconne bien sur, quelle tâche ce mec. Je me doutais bien que c'était pas avec lui qu'on allait se mettre à jouer comme les Auckland Blues de Carlos Spencer, mais pour un mec élevé au Bernard Laporte, il pourrait au moins assurer le coup en défense. Bon ok, je suis un peu de mauvaise foi, c'est pas lui qui laisse tomber les ballons ou qui rate les plaquages, et moi même j'ai pas de quoi fanfaronner. Mais quand même, même au niveau de l'organisation c'est un peu louche. Des fois, le replacement défensif a des allures de chorégraphie de natation synchronisée. Que ce soit avec Boussès, Camara ou Beauxis, y'a jamais personne à l'arrière en fait. Du coup ça donne des situations ubuesques comme David Attoub qui essaye de rattraper Ngwenya, un peu comme si Laurel de Laurel & Hardy poursuivait Bip-Bip. De manière générale, on peut résumer en disant qu'on défend comme des pingouins paraplégiques et qu'on attaque comme des kamikazes parkinsoniens. Je crois qu'il a quand même compris que ça commençait à se voir tout ça, puisque à Aguilera il a préféré, pour la première fois depuis qu'il entraîne, rester dans l'ombre en tribunes. T'as raison Christophe, d'en haut les souris voient mieux les trous dans le fromage. Oui, maintenant que je commence à être à l'aise avec la langue, j'essaye d'inventer des expressions. N'hésitez pas à les populariser autour de vous.
Pourtant, Blin m'avait prévenu, le match contre le BO est le match qu'il ne faut surtout pas perdre. Plus important qu'une victoire à domicile contre Montauban selon lui. Perdre à Jean Bouin, c'est pas très grave, généralement le public dort donc il ne s'en rend pas compte, avec un peu de chance on peut même sortir sur un tour d'honneur et ils se rendent compte de rien. Ca m'étonne pas que la plupart de nos supporters pensent toujours qu'Ignacio Mieres existe d'ailleurs. Mais BO - SF, c'est selon Blin l'équivalent d'un OM - PSG de la fin des années 90: on a deux équipes à gros budget et ambitieuses mais qui sont pourtant incapables de se faire trois passes et qui font la risée de toute la France. Du coup, celui qui perd a vraiment l'air d'un con. En plus, nous, avec les maillots on avait déjà un gros handicap au départ... et ben voilà, c'est fait. Maintenant on pourra difficilement tomber plus bas, mais là Blin m'a rappelé que le Stade Français était une équipe imprévisible. J'ai eu un frisson d'angoisse.
Sauf que cette fois, le Stade Français ne s'en sortira pas par un tour de passe, comme lors de l'autogestion il y a quelques années. Parce que bon, pour s'autogérer, faudrait déjà avoir quelques têtes pensantes. Déjà, je crois qu'ils se sont pas rendus compte que quand on a une pénalité, on a plusieurs options de jeu. Eux à chaque fois ils tentent la pénalité, même quand il y a plus de 10 points de retard. De 70m, contre le vent, les yeux fermés, les mains dans le dos... bientôt on tentera même des drop sur les renvois au 22m. Remarquez avec la précision d'Oelschig, on s'en tire pas mal. Pour une équipe qui vise le bonus défensif à chaque match. Peut être que j'ai mal choisi mon capitaine. En même temps, j'ai beau chercher un grand stratège dans l'équipe, j'ai un peu de mal. Finalement, vu la situation désespérée, je devrais peut être la jouer mission suicide avec Leguizamon capitaine. Lui il joue toutes les pénalités à la main, il fonce dans le tas, perce sur 60m, oublie de passer aux 5 mecs qui lui crient dessus à gauche et à droite, se fait plaquer à 5m de l'enbut, garde la balle au sol et se fait pénaliser. Ok c'est pas terrible, mais à force de répéter la situation peut être qu'il va tilter et faire la passe un jour.
De toute façon, quand ça va mal, tout va mal. Contre Biarritz, Leguizamon a raté la première réception de chandelle de sa vie et Dupuy s'est fait contrer comme un vulgaire Mauro Bergamasco replacé en 9, contre Montauban la mêlée s'est fait bousculer et Gasnier est retombé dans ses travers en faisant ses petits croches inutiles toute la soirée. Faut dire qu'avec Delasau en face, il avait le champion du monde de la catégorie. Bon la différence c'est que Delasau lui marque 10 essais par saison, certes. Le pire c'est qu'on aurait pu le gagner ce match, il aurait suffit que Lionel Beauxis ne soit pas muet et qu'il rappelle à Phillips qu'il était hors-jeu sur la dernière action. En même temps, un match gagné par le Stade Français 42-40 avec Beauxis qui marque un doublé, c'est plus du rugby et c'est de la compétence des agents Mulder et Scully. Puis pour mieux nous narguer, Landreau est premier de ProD2 avec Grenoble, Paillaugue brille à Montpellier, Tchale Watchou s'en tire pas mal non plus à Perpignan. Si j'étais vraiment méchant, je rappelerais aussi qu'on était à deux doigts de refiler gratos à Bayonne celui qui sauve la barraque à lui seul depuis le début de la saison.
Tout ça, ça m'a presque fendu le coeur pour le grand retour d'Antoine Burban, alias Hibernatus. Après le match, il était presque en pleurs dans le vestiaire. "Putain ! On avait pas le droit de perdre à Jean Bouin. On y était invaincu depuis 4 ans !". Alors, on lui a expliqué ce qu'il a raté pendant sa longue absence. Choqué, il a répondu "Bon, au moins, il y a toujours notre bastion du Stade de France...". Ca a laissé un putain de silence dans le vesiaire. En fait Burban, sa situation est un peu celle du film Goodbye Lenine. Pendant qu'il était en convalescence, son monde s'est écroulé: on est passé de champions de France à réléguable, de maillots originaux à crimes contre le bon goût. Et pour la chute du Mur, l'équivalent serait le départ d'Hernandez. C'est vrai que comparé à l'argentin, en défense, Beauxis s'effrite facilement...
"Pour un Stade à la hauteur des exploits du Stade Français" disait le speaker avant le match, à ce train là un gymnase municipal à Bobigny fera l'affaire.

Très drôle. Mais pourquoi Dominici n'ouvre pas son blog, lui aussi !? On aimerait savoir ce qui se cache sous ses cheveux non pelliculés et ce regard… mystérieux ? Manquerait plus que Guazzini s'y mette, mais là je suis pas sûr que ça parle beaucoup rugby. Déjà il lui a fallu plusieurs années pour comprendre qu'il ne s'agissait pas de recruter que des beaux gosses… C'est encore lui qui a la main haute sur le recrutement ? On dirait un gosse avec son équipe Playmobil. Il est attachant Max. Tellement fragile. Vu la déprime dans laquelle ils sont, c'est son pharmacien qui doit être content.
RépondreSupprimerLes yeux humides et les zygomatiques encore tétanisés, je relance une suggestion d'un commentaire du post précédent : à quand une rubrique hebdo dans Midol ? Vite une pétition !
RépondreSupprimerTiens bon Ewen, tu seras bientôt chez toi à Sydney pour profiter de l'été australe avec ton indemnité de licenciement en euros.
RépondreSupprimerDon't look back
C'est Hardy le pilier, Laurel serait plutôt 2ème latte.
RépondreSupprimerTout s'explique...
"Lui et moi, on est dans le même bateau. Jamais, je dis bien jamais, je ne me désolidarisai de Christophe."
RépondreSupprimerUne prophétie?