vendredi 29 mai 2009

Runaway train


Excusez moi pour l'incident d'hier, il semblerait que mon blog ait été hacké par un pirate. A mon avis ça doit encore être un adolescent accro au net qui a voulu faire son malin. Je l'imagine bien: 1m60 à peine, tête de petite fouine, toujours entrain de froncer les sourcils pour essayer de se donner contenance en face des grands. Tous les mêmes à cet âge ! Enfin bref. Je suis de retour et au moment même où je vous écris, je suis dans le train pour Lyon avec les garçons. Une bonne occasion de ressouder le groupe me disais-je, ce long périple vers la capitale des Gaules. Et pourtant... Bastareaud a le casque de son MP3 vissé sur la tête, les yeux grands ouverts et injectés de sang. Il écoute "En Rouge et Noir" de Jeanne Mas en boucle depuis le début du voyage... pour se motiver pour les phases finales dit-il... je suis sur que même à Abu Ghraib ils ont pas osé. J'ai fait part de mon inquiétude à Max Guazzini, pensant qu'il pourrait même se montrer violent envers ses coéquipiers après 3h de "ça". Il m'a confié qu'il avait des menottes à poils roses dans son sac, au cas où. Et là j'ai décidé de changer de place. Pour m'asseoir à coté de Landreau. J'aime bien Landreau. Déjà, contrairement à Dominici il parle un peu anglais, lui. Ensuite, comme moi, il a rien à foutre de ses journées et il sait qu'il va pas rester bien longtemps au club... ça doit nous unir en quelque sorte... une discussion débute.

- Ewen, tu connais Genoble ?

- Non Fab, je n'y suis jamais allé.

- C'est très beau tu sais...

- Ah...

- Oui...

- Et... qu'est-ce qu'il y a de bien à faire à Grenoble ?

- Du ski... principalement...

- Ah. Ok. Je viendrai peut être te rendre visite, un de ces quatres.

- Hésite pas. Tu me passes un coup de fil. Je viendrais te chercher à la gare et on ira se manger un gratin dauphinois après.

- Oh ça ira, je prendrais le métro.

- Il y a pas le métro à Grenoble, Ewen... ni de RER... ni de vélib... ni de Tour Eiffel... ni le quartier latin et ses pubs... ni les restaurants... ni les musées... ni les pigeons... putain de pigeons, ils vont me manquer, ça oui.


Il a commencé à me faire flipper lui aussi, alors je suis allé m'asseoir à coté de Juan. Je l'aime bien Juani. Comme moi c'est un introverti. On peut se comprendre sans même trop parler, je crois. D'ailleurs c'est pas maintenant qu'on allait se lancer dans une grande discussion, il était entrain de bouquiner. J'ai jeté un oeil à sa lecture : "L'attrape-coeurs" de Salinger. Intrigué, je lui demande quand même de quoi ça parle. Il me répond "C'est 48h dans la vie d'un adolescent déprimé, mythomane, obsédé sexuel, impuissant, maniaco-dépressif, névrosé, schizophrène... en gros hein... tu sais que Mark Chapman a assassiné John Lennon après que ce dernier ait refusé de lui dédicacer un exemplaire de ce livre ?". Ok. D'accord. Nouveau changement de place. Cette fois je me place à coté d'Agustin Pichot, le leader charismatique, l'expérimenté, lui au moins il devrait avoir une conversation un peu plus posée...

- DEGAGE DE LA, FASCISTE DE MERDE ! ESPECE DE GROS PORC IMPERIALISTE ! 

Je me suis levé brusquement et je lui ai demandé qu'est-ce qu'il avait pour péter un cable comme ça. Il s'est vite excusé. Il était entrain de relire pour la 7ème fois le "Journal de Bolivie" de Ché Guevara et à chaque lecture il était toujours aussi habité par l'icone révolutionnaire argentine. Je me suis reculé doucement, et là Rabadan m'a dit "Et encore, tu l'as pas vu quand il est dans sa période Napoléon". J'ai eu des frissons. En cherchant une nouvelle place je suis tombé sur Saubade qui sautillait sur place pour attraper son sac de voyage. Auradou l'avait mis dans les compartiments en haut et il ne pouvait pas l'atteindre, ce qui faisait visiblement bien rire Roncero. Finalement, je suis allé m'asseoir aux coté de mon compatriote, Mark Gasnier, qui ne comprenait pas plus ce qu'il foutait au SF que le concept des mêlées ouvertes. Encore à l'entraînement, il lui arrive de se relever d'un plaquage sans lâcher le ballon, puis de balancer au reste de l'équipe "allez on a plus que deux tenus ! cettte fois on va à l'essai !". Toute une éducation à refaire en 2 ans. Sauf qu'il est payé pour, la classe.

En les regardant je repense de plus en plus à mon équipe de baseball de cas sociaux dans mon film disney imaginaire. Bastareaud lui m'aurait répondu qu'en fait on est comme les Inglourious Basterds, sauf qu'il faut scalper des toulousains et que notre Brad Pitt c'est Juan Hernandez. On peut critiquer Guazzini, mais il a du mérite de recruter des mecs comme ça, de leur donner une famille. Dès le début il a fait dans le social en allant chercher des tarés comme Moscato ou Simon dont plus personne ne voulait. Il a tellement bon coeur, des fois je me demande s'il va pas resigner Jeanjean. Finalement on est plus proches de 'Freaks la monstrueuse parade' que du cirque Pinder au Stade Français... 

8 commentaires:

  1. Comme si on était là!

    Don't look back

    RépondreSupprimer
  2. Vivement le compte rendu de la demi finale......

    RépondreSupprimer
  3. joli, continue comme ça (un supporter usapiste)

    RépondreSupprimer
  4. J'ai un ou deux Primo Levi à prêter à Juanito.

    RépondreSupprimer
  5. blacktiewhitenoise30 mai 2009 06:25

    "de leur donner une famille" : énorme ! :-)

    hahaha

    Seb

    RépondreSupprimer
  6. cher ewen, ça fait un énorme bien , de lire des lignes de rugby si fines et criantes d'un humour qui se fait de plus en plus rare dans notre sport!
    dis donc t'as du avoir peur hier... ils ont quand même fait rentré Parisse en deuxième mi-temps et en plus replacer Bernardo à l'ouverture! 10 minutes de plus et ils auraient pu gagner ces cons...

    RépondreSupprimer
  7. Alors Ewen, quels commentaires sur ces demies finales ?

    RépondreSupprimer
  8. Je n'ai jamais aimé traduire comme à présent!
    Merci pous ces agréables excercices.

    (kalligalenos)

    RépondreSupprimer